Quand le monde brûle,
Quand les droits reculent et que l’obscurité grandit,
Quand les extrêmes s’élargissent et que les politiques se radicalisent,
Quand l’impensable devient audible,
Quand l’idiotie s’érige en gouvernance et la violence en vertu,
Demeurer immobiles constituerait la pire des réponses.
Il nous faut bouger, esquiver, interroger, résister, rester sans cesse en mouvement, déconstruire brique à brique, rêver et bâtir du neuf, de l’autre ; et, dès que possible, sortir du cadre.
Les artistes et les spectacles de cette nouvelle saison font précisément ce pari de nous opposer d’autres imaginaires, de se raconter et de nous déplacer.
Yentl, Boykid, Charly, Solange, Brunhilde, Alison, et Laura, les artistes en création en 26_27, sont autant de personnalités à découvrir que d’univers singuliers à explorer.
I·els nous entrainent de l’ancien Bloc de l’Est à la République démocratique du Congo, en passant par les faubourgs miteux d’une mégapole qui pourrait être nord-américaine, les côtes imaginaires de Sororie, ou encore un village perdu on ne sait où.
Spectre des dictatures, soviétiques ou autres ;
Tranches de vie transmasc et handi ;
Poésie du mouvement et des corps ;
Cruauté kafkaïenne de l’Office des Étrangers et rumba congolaise ;
Introspection, Peepshow et relations toxiques ;
Fascination du sang et absurdie ;
Ces six créations émergentes font bouger les lignes, racontent le monde d’un endroit qui leur est propre, nous tendent la main et nous invitent à poser notre regard autrement…
Laissons-nous déplacer !
Aux côtés de ces diamants bruts qui ne demandent qu’à être découverts, quatre coups de cœur viendront compléter les couleurs de la saison grâce à l’énergie de Ce qui fait maison/Broken Home, My Shrine de Alix Konadu, l’explosion esthétique, poétique et troublante du Personorama de Loïc Nebreda, la relecture sous acide par le collectif Plato du Misanthrope de Molière, et le délire festif teinté de militantisme malin de la Barakakings.
Mais le nuancier 26_27 ne serait pas complet, sans les One Shots à voir ou à revoir, et en tout cas à ne pas manquer !
Dans le désordre, nous accueillerons pour un unique soir From Gaza, porté par deux figures majeures du théâtre palestinien qui transforment le vécu de la guerre en une réflexion universelle sur la perte et l’espoir ; Si tu continues comme ça, l’irrésistible monologue à la fois tendre et sans concessions de Remy Faure — El Bekary ; J.O.N.A.S. & Sofia, le récit d’utilité publique de Pile&art sur le parcours de mineur·es en danger ; la folie communicative et vaudevillesque du Mystère du Gant de Muriel Legrand et Léonard Berthet-Rivière ; la parole cash, nécessaire et dynamitante contenue dans le Cliché de Hakim Bouacha ; l’exploration intime de Shut Up and Smile de Marina Yerlès, en partenariat avec Pierre de Lune ; l’absurde frivolité métaphysique et géographique du J’ai oh explosé de Galia De Backer ; et, pour le Nouvel An, l’humour acéré et bienveillant de Blanket la Goulue avec Chauv·e.
Et enfin, pour ne vraiment jamais garder les deux pieds immobilisés dans la boue, on multipliera tout au long de l’année les occasions de danser et de faire la fête : cabarets drag, pots de départ, deuxième édition de Let’s Queer the Year , concerts, DJ sets, et autres karaokés viendront rythmer la saison et nous permettre de nous retrouver, d’unir nos voix, d’échanger, de nous confronter, de résister et de faire du bruit tous·tes ensemble, encore et toujours.
Les Riches-Claires
Pourvoyeuses de Diamants bruts.
