Zoom sur les trois protagonistes de la course de l’amok

4 mars 2016 | Amok, article, en profondeur

Stefan Zweig

Né à Vienne en 1881, Stefan Zweig est connu pour sa façon inimitable de dresser le profil psychologique de ses personnages en quelques traits. Grand ami de Sigmund Freud et d’Arthur Schnitzler, son ambition était de « donner à son existence l’amplitude, la plénitude, la force et la connaissance, aussi de la lier à l’essentiel et à la profondeur des choses ». Son amour des lettres étrangères, et surtout françaises, l’amenèrent à traduire Verlaine, Rimbaud, Baudelaire ou son ami Emile Verhaeren, rencontré à Bruxelles. Fervent pacifiste, il s’opposait fermement à la guerre. Avec la montée de l’antisémitisme en Europe (il était juif), l’écrivain fuit son pays et s’installe en Angleterre, puis aux Etats-Unis. Sa quête spirituelle se terminera finalement au Brésil, à Petrópolis, où il se donne la mort le 22 février 1942. Décrit aujourd’hui comme l’écrivain étranger le plus lu en France avec Shakespeare et Agatha Christie, Stefan Zweig a inspiré de nombreuses œuvres théâtrales et cinématographiques.
La course de l’Amok est une adaptation libre de son chef-d’œuvre, Amok ou le Fou de Malaisie, publié en 1922.

Claude Enuset

Metteur en scène, comédien, traducteur de textes anglais, Claude Enuset éprouve une fascination pour les textes où se profile la noirceur de l’être humain et aime mettre en évidence des liens entre les œuvres qui l’inspirent : « La culpabilité, le devoir, la rédemption. Se racheter, se rattraper, sauver son âme. Descendre dans les profondeurs de l’enfer, dans l’arrachement à soi. Découvrir le monstre en soi. S’épuiser dans l’alcool, les drogues, le manque de sommeil. Bientôt mourir pour espérer renaître. Ayant abordé les trois œuvres sur scène, je vois un fil qui relie La course de l’Amok de Zweig, La Chute de Camus et Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde de Stevenson. Trois œuvres, trois médecins, trois plongées abyssales dans le magma de l’âme humaine.»

Bernard Sens

Etudiant en théâtre et déclamation en académie, Bernard Sens quitte le toit paternel à 18 ans, où l’on s’effraie de la précarité de la profession de comédien. Pas question cependant de chômer, les petits boulots s’enchaînent, divers. Le voyage l’attire, du Mexique à la Thaïlande… Jusqu’à ce qu’il réalise qu’il préfère se fixer. Retour au pays, donc. Il entre au Conservatoire dans la classe de Pierre Laroche. 23 ans, déjà armé d’un solide bagage humain. Son vrai nom correspondant déjà à celui d’un autre comédien (Bernard Marbaix), il choisit le pseudo « Sens » pour l’incarnation du verbe par les 5 sens. Les rôles, ensuite, défilent : Cocteau, Shakespeare, Hugo, Strindberg… Avec des metteurs en scène comme Laroche, Dussenne, ou Scahaise. Avec La Course de l’Amok, le comédien livre ici une prestation époustouflante, un seul en scène fiévreux et haletant.