Une conversation insolite, une fable moderne chorégraphiée.

SebBrèves de vestiaire, en profondeur1 Comment

Le spectacle débute sur deux vestes suspendues à un portemanteau.

Rien ne bouge, et le spectateur est provoqué par cet immobilisme.

Chacun est alors libre de se projeter dans la pièce avec ses propres déclencheurs. Les danseurs évoluent dans une dimension onirique et poétique pour parler à l’enfant qui réside à l’intérieur de chacun de nous et qui possède cette incroyable faculté d’imaginer dans l’objet autre chose que ce qu’il est en réalité.

Ils questionnent l’impact de l’imagination sur le mouvement, en s’appuyant notamment sur la puissance évocatrice des images.

Ils montrent ainsi comment le sujet est capable de transformer son environnement, comment il peut lui donner un sens par sa présence, son corps, sa relation avec l’espace et son état émotionnel.

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Ici, le portemanteau devient espace, prison, lieu de promenade, de cache-cache, terre de repos et de sensualité. Il autorise une nouvelle dimension, plus aérienne quand les souffles deviennent courts. Il rappelle ces lieux imaginaires de l’enfance où la liberté permise affranchit les angoisses et les peurs quotidiennes. Chacune de ses positions ou manipulations va déclencher une série de souvenirs. Ce partenaire improbable nourrit une grande créativité, ouvre des champs visuels à deux danseurs qui, dans ce jeu charnel, nous offrent la nuance des ombres. Au-delà du jeu avec l’objet, on découvre l’histoire d’un couple, une passion belle et tourmentée. Un amour difficile et parfois violent que les vestes nous racontent avec toute l’émotion laissée par leurs propriétaires. Cette fable poétique et moderne dépeint l’homme, la femme, l’être humain en plein combat identitaire recherchant l’apaisement pour un retour au dialogue. Un retour sensuel, doux et serein, empli de pudeur, d’humour où le don l’emporte sur le prendre et permet au sentiment amoureux de s’épanouir.

«Brèves de vestiaire » nous invite à appréhender le choc amoureux : ce moment de renaissance où l’on peut se découvrir « autre » et qui provoque la chute des fortifications intérieures qu’on érige pour se protéger... 

L’amour comme une œuvre d’art ; cette chance d’ouvrir son âme et de sortir de son cocon et ainsi de se livrer à l’être aimé pour mutuellement se réinventer…

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Justin Collin

C’est une richesse de vécus. Une palette de souvenirs qui vibre et aborde des thèmes que chacun perçoit intimes ou universels. La structure, seule, lourde sur scène est l’autel sacré d’un lieu. Sa seule valeur : le fonctionnel. Et pourtant, elle devient rassembleur d’âmes, réconfort de solitude, magasinier d’aventures. Un terrain de jeu dans lequel un nombre infini de récits prennent vie. Cet espace est magique pour la création, il offre une opportunité de mélanges : danse et acrobatie où le corps entre en contact avec peau, métal et cuir. C’est une manière de défier l’obsolescence programmée. Aucun objet ne sera jamais vide d’utilité ou de sens. C’est très agréable d’être à la fois leurs outils, leurs accessoires avec lesquels ils s’expriment et de servir de tremplin à la création de leur vécu. Cette création avec Caroline est riche en humour et tout coule au final avec beaucoup de facilité. Nos deux personnalités se complètent et s’équilibrent tout comme les personnages de cette pièce. C’est un beau moment de partage et de chaleur humaine.

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Caroline Le Noane

J’ai rencontré Justin il y a trois ans, sa « folie » créative m’a tout de suite séduite. Danseur dans une compagnie dont on m’avait confié l’une des créations (Surexposition, 2012), il est devenu très vite mon assistant avec qui je partageais mes envies, mes doutes sur le travail en cours. Il a également géré tout le montage vidéo qui accompagnait la pièce.

Nous partageons le besoin de créer, d’exprimer nos idées à travers des spectacles. Nous avons un univers commun, mêlant la poésie, l’humour et l’imaginaire. La danse bien entendu nous réunit, mais aussi l’envie de travailler avec du matériel, nous mêlons ainsi la technique et l’acrobatie.

Au départ, nous désirions travailler sur la relation Homme/Femme mais que faire d’original quand le sujet est si vaste et universel? Tant d’artistes ont déjà traité ce sujet. Nous avons donc eu l’idée de transposer cette relation à deux vestes. Elles vont se rencontrer et nous conduire dans un monde imaginaire, interrogeant ainsi masculinité et féminité.

Poésie surréaliste, originale et ludique qui nous montre des corps sans tête accrochés au portemanteau, ces «Brèves de vestiaire» racontent aussi avec virtuosité la complicité de deux êtres qui se rencontrent, se disputent, se dénudent ou se recouvrent, se retrouvent surtout sur ce plateau devenu espace de liberté et lieu de tous les possibles. Y compris devenir danseuse étoile.La Libre Belgique
De la rencontre naît un duo à la sensualité assumée, poétique et lumineuse qui nous propose une conversation insolite autour d’un vestiaire devenant siège, prison ou navire. Ce spectacle d’une grande beauté, surréaliste et ludique, offre à la danse un terrain de jeu dont la liberté semble infinie, où les corps sans tête et les ombres sans corps déjouent non sans humour l’espace et l’équilibre.Ouest France

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