Kesako Slapstik ?

18 septembre 2018 | en profondeur, Jetlag

« [Le spectacteur] qui s’intéresserait à [Jetlag] y découvrirait [...] un bout de TATI, mais aussi la rythmique humoristique de certaines comédies françaises des années 70, volontiers absurdes, renouant avec le SLAPSTIK des films muets. Envisageant l’art du mime comme une question plutôt que comme une réponse, la réjouissante équipe poursuit grâce à ce principe une très attachante aventure, à consommer… sans aucune mesure. » 

Laurent Ancion – C!RQ en CAPITALE N°6 - janvier-mars 2016

Jetlag s’inspire principalement du burlesque qu’André Bazin définissait comme le « comique de l’espace, de la relation de l’homme aux objets et au monde extérieur ». 

Mais qu’est-ce que c’est ?

À la base, le burlesque trouve son origine dans le tradition théâtrale de la Commedia dell’arte et du music-hall. 

Mais contrairement à ces genres théâtraux, pas de place ici à l’improvisation ! Le comique burlesque réside dans le rythme et le timing du jeu d’acteur : le bon geste au bon moment. 

Le burlesque, on l’appelle également « Slapstick », littéralement « Coup de bâton ». En réalité, c’est ce terme qui caractérise plus précisément la forme même du comique des master clowns français.  

Plus précisément, il fait directement référence au cinéma burlesque américain popularisé par le studio Keystone à Edendale près de Los Angeles ; et fut fondé à l’initiative de Mack Sennett.

Ce genre cinématographique, il est principalement adapté du Vaudeville et de l’ère muette de années 1910 – 1930. Rappelez-vous de Buster Keaton et son film « Le mécano de la générale » où il interprète Johnnie, le mécanicien de la locomotive General. Dans une suite de gags, celui-ci, alors qu’il ne désire pas s’engager dans l’armée, finit avec le grade de lieutenant, et dans les bras de sa tendre bien-aimée Annabelle ; ou encore de cette autre idole du cinéma muet : Charlie Chaplin qui se retrouve coincée dans les machines du montage à la chaîne dans « Les Temps Modernes ».

Ces gags, ils reposent sur un comique physique et violent : chutes, bagarres, poursuites et chocs sont de la partie. On est dans la provocation et la caricature où des événements extraordinaires ne cessent de faire irruption sans raison. 

Plus récemment, ce genre fait également référence à d’autres pointures du cinéma, comme Jacques Tati, Pierre Richard, et plus curieusement Jackie Chan !

Pour la parenthèse, Jacques Tati, c’est le réalisateur des films notables comme Mon Oncle, Jour de fête, Les Vacances de Monsieur Hulot, ... Au sein de cette filmographie, malgré l’apparente absence de dialogue au sein de ses films, Tati porte un soin méticuleux aux bandes-son. À cela, il rajoute des nuances de burlesques et des personnages inadaptés à leur société. N’est-ce pas ce qui se produit avec notre protagoniste toujours en phase de transition ?

Pour la Compagnie Chaliwaté, la volonté est de mettre l’accent sur les capacités suggestives et métaphoriques du corps qui viendront dès lors nourrir la narration et créer un nouvel univers à l’éloquence physique unique.