Elles qui brûlent pour éclairer la nuit

SebBelles de nuit, en profondeur0 Comments

La prostituée est un bouc émissaire ; l’homme se délivre sur elle de sa turpitude et il la renie. Qu’un statut légal la mette sous une surveillance policière ou qu’elle travaille dans la clandestinité, elle est traitée en paria.Simone de Beauvoir, "Le Deuxième Sexe"

Si l’on entend souvent parler de la question de la prostitution dans les débats politiques, du problème que la prostitution suscite dans une ville, ou du phénomène de la prostitution dans une société, on peut ainsi aisément comprendre la citation de Simone de Beauvoir. En effet, les prostitué.e.s ne sont généralement pas clairement mentionné.e.s, au profit de ce type de périphrases lointaines et abstraites, finalement bien politiquement correctes, mais comme détachées d’une réalité complexe et dérangeante.

Autour du spectacle « Belles de nuit », nous vous proposons un bref tour d’horizon de la prostitution belge, histoire d’en savoir concrètement un peu plus.

Plusieurs prostitutions(1)

Il existe différents types de prostitution : la prostitution de rue, la prostitution de salon (où les prostituées louent souvent une « carrée avec vitrine »), la prostitution en établissements de « couverture » (comme des salons de massage), la prostitution dans des bars (où le personnel proposent des services supplémentaires), la prostitution de luxe (escort boys et girls), et la prostitution privée (via la presse ou internet).

La situation en Belgique et à Bruxelles en quelques chiffres (2)

  • Il y aurait entre 15000 et 23000 prostitué.e.s en Belgique
  • 90% de ces personnes seraient étrangères
  • 10% subiraient un état d’exploitation grave
  • 90% souffriraient de stress post-traumatique
  • Environ 5000 personnes se prostitueraient à Bruxelles
  • De ces 5000 estimés, un tiers serait des hommes, et un cinquième serait en vitrine.
  • À Bruxelles, la rue d’Aerschot compte à elle seule 57 salons de prostitution.
Les 4 personnages seraient plutôt des laissés pour compte de la société, des oubliés du bas-côté qui rêvent d’un CV plus glorieux pour accepter leur condition.Pédro Romero

Et la loi, elle en dit quoi ?

Le 9 août dernier en Grande-Bretagne, 18 personnes étaient reconnues coupable par le tribunal de Newcastle de traite d’êtres humains, viols et incitation à la prostitution. Un procès d’envergure, et des mois d’enquête pour démanteler un réseau qui aurait fait plus de 300 victimes. Mais qu’en est-il en Belgique ? La prostitution est autorisée, mais le racolage et le proxénétisme sont interdits. Ainsi, Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, surnommé avec encore plus de mauvais goût « le roi des bordels », a été récemment incarcéré afin de pouvoir apprendre par cœur et avec le plus grand soin les quelques lignes de l’article 380 du Code Pénal belge relatif au proxénétisme. Par contre, mentionnons tout de même que les clients ne sont pas poursuivis en Belgique, de même que les conjoints des personnes prostitué.e.s.
Pour (bien) plus d’informations sur la prostitution bruxelloise, nous vous invitons à consulter le rapport de l’Observatoire bruxellois pour la prévention et la sécurité, disponible en ligne, et fort complet.

(1) Rapport 2015 de l’Observatoire bruxellois pour la prévention et la sécurité.

(2) Sources : Rapport 2015 de l’Observatoire bruxellois pour la prévention et la sécurité et article paru dans LE SOIR le 2/8/15

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