De l’humour pour rejoindre le tendre

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Le message que ce texte délivre ne m’appartient pas. C’est aux spectateurs – individuellement – à en trouver un qui leur convienne. De mon côté, j’écris, et c’est déjà pas mal ! Et si un spectateur y voit une démonstration sur le principe de Newton, je ne pourrais pas lui donner tort. Je lui paierais même un verre, je crois ! Laurent Van Wetter

Prenant Laurent Van Wetter au mot, nous vous livrons ci-dessous un ressenti totalement partial et partiel de sa première pièce (tout au moins en ce qui concerne les passages contenant une interprétation personnelle du texte).

Actuellement en Pologne pour une résidence d’écriture, avec Jan Nowak, son traducteur en polonais, Laurent Van Wetter revient pour nous quelques instants sur la genèse de sa toute première pièce, écrite en 1999, et dont les deux roues motrices se sont révélées être le temps et l’amitié : « Au départ, j’avais simplement envie d’écrire un dialogue entre deux acteurs. Et j’avais du temps, ce qui un ingrédient essentiel pour écrire… », nous explique-t-il. « Puis, il est apparu que ce dialogue pourrait devenir une pièce, et être joué par moi et un ami acteur, Jaoued Deggouj. Enfin, Thierry Waseige, un ami metteur en scène, a marqué son intérêt pour le texte, alors qu’il n’était pas encore terminé. ». Et dix-sept ans plus tard, deux personnages que tout pourtant oppose, continuent à se rejoindre sur Le Pont.

De l’humour…

Pour raconter cette histoire, Laurent Van Wetter a opté assez naturellement pour la comédie : «  L’humour est pour moi un fusible sur le tableau de nos blessures. Je trouve qu’il est très difficile d’être drôle à propos du printemps et des petits oiseaux qui chantent. L’humour ne naît pas d’un trop-plein de bonheur, mais c’est pour moi un moyen de parler de ce qui me touche sans inonder son clavier… »

Dans ce texte qui expose le parcours de vie de deux hommes en mal d’envie, le droit à la faiblesse semble occuper une place importante, les personnages ont comme l’air de devoir s’extraire du monde et opter pour un acte fort pour assumer une faiblesse passagère. Laurent Van Wetter remarque à ce sujet que « nous croyons que nos faiblesses nous rendent vulnérables, et nous cherchons à les masquer, alors que c’est pour elles – et non pour notre force – que les autres nous aiment. Notre force ne provoque que l’admiration ou la crainte, suivant le côté du manche où nous nous trouvons, et c’est tout. C’est bien moins inspirant que la faiblesse, qui est par ailleurs un sujet que je connais bien mieux de l’intérieur. »

…Et de l’Amour

La rencontre de l’autre, les différences sociales, l’amour, autant d’autres sujets que nous rencontrons dans cette pièce. Sans pouvoir vous en dire beaucoup plus afin de ne rien dévoiler de l’intrigue, l’amour peut sembler être présenté d’une façon assez « égoïste » dans cette pièce, ou tout au moins, utopiste. Mais Laurent Van Wetter ne pense absolument pas que l’amour soit utopiste, que du contraire : « Il se vit tous les jours par des millions de gens sous des formes très variées, provoque la joie, l’excitation, le désir, le rire, le réconfort, la peur et la tristesse aussi, parfois, et c’est très bien. Il apprend à mieux nous connaître et à mieux connaître les autres. Par contre, si vous parlez d’un CDI signé les yeux bandés, valable 24h/24h et ne prévoyant ni pause-café, ni week-ends, ni congés payés, ni congés de maladie, ni C4, ni possibilité de démission, ni retraite, j’ai un doute. Et s’acheter un miroir est plus simple. »

Alors, toujours sous la protection du préambule d’avertissement, même si l’amour n’est pas, à proprement parler, le sujet principal de la pièce, nous ne nous priverons pas du plaisir de conclure sur ces jolies phrases écrites par Laurent Van Wetter il y a quelques années à propos de l’amour :

« L’amour est à la connaissance ce qu’un choc est à la nitroglycérine.
Sans amour, pas d’explosion. Sans explosion, pas de souffle.
Un jour, mon prince boira.
Parfois je rêve d’un amour absolu, et ça me rend triste.
Parfois je ne rêve de rien. C’est encore pire. »

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