David et Jonathan se confessent

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Etat de la situation au 14 août 2017
David Nobrega, Jonathan Simon et leur équipe s’enferment durant des jours dans la petite salle des Riches-Claires. La porte est barricadée, le judas bouché, les fenêtres occultées. Des bruits étranges, des rires, des cris, se font entendre tout au long de la journée.

Après un stand-by de 76 heures sans manger ni boire, dans un endroit stratégique dont la position restera confidentielle, nous avons pu attraper David et Jonathan, qui sortaient discrètement de la salle chercher des glaces. Après les avoir attachés en bonne et due forme sur les chaises du bureau des Riches-Claires, ils ont accepté de répondre à quelques questions sur leur spectacle. Voici donc quelques informations sur « Confessions », un mois avant la première, le 14 septembre.
Nous sommes tous les deux des grands solitaires. Et cela n’est pas forcément quelque chose de négatif, en fait !

David et Jonathan, quelle a été votre formation ? Où vous êtes-vous rencontrés ?

D : Nous nous sommes rencontrés à l’IAD, en première année. J’y ai poursuivi les études, tandis que Jonathan a poursuivi sa formation au Conservatoire de Mons.

Comment s’est construit le projet « Confessions » ? 

J : J’ai écrit la première version de « Confessions » pour mon mémoire. David et moi étions restés amis, le projet l’intéressait, et il a accepté de travailler avec moi pour la suite.

D : En effet, la thématique principale du spectacle, la solitude, me parlait énormément.

J : Nous sommes tous les deux des grands solitaires. Et cela n’est pas forcément quelque chose de négatif, en fait !

La première version du projet est-elle très différente ? Comment le texte a-t-il évolué ? 

J : Oui. La première version était extrêmement touffue et brassait trop d’éléments importants que pour pouvoir tous les exploiter correctement. Le personnage était soumis à quantité de problèmes, ce qui parasitait la trame au point qu’elle devienne confuse. Cette première version était essentiellement basée sur le traumatisme du personnage principal. Nous avons été ensuite en résidence en juillet 2016 aux Riches-Claires, où cette première version a été élaguée en fonction des thématiques qui parlaient à l’équipe. Un premier travail dramaturgique a été réalisé à ce moment-là également, et j’ai ensuite écrit une autre version du texte, dont la trame tourne autour d’une rencontre. Le personnage principal fait une rencontre particulière, qui va l’amener à s’interroger sur lui-même et son rapport aux autres.

D : En effet, le personnage central a choisi de rester seul, car il lie la relation aux autres à des difficultés et des souffrances. Il considère que toute relation a une part de risque, et il ne l’accepte pas. Sa sensibilité est très forte, et il préfère esquiver les relations aux autres pour ne pas souffrir, mais également se libérer des contraintes que celles-ci peuvent impliquer. Il n’est pas marginal, mais réalise finalement une sorte d’individualisme.

J : Et un jour, il rencontre une fille en allant faire ses courses, qu’il n’arrive plus à chasser de son esprit. Il remet petit à petit son système en question, car ce regard qu’il croise va devenir une obsession. Il s’interroge sur le pourquoi de son ressenti.

D : Ce qui est important à signaler également, c’est que le texte n’est pas encore achevé. En effet, ce travail est encore en cours de création, car il est nourri par les idées, les ressentis et les suggestions des comédiens.

J : C’est comme des laboratoires de création, où tout le monde travaille la matière.

C’est votre premier spectacle. Est-ce un challenge
particulier ? 

D : Ce qui est très excitant, c’est l’évolution de la matière du spectacle. On essaie d’aller toujours plus loin, mais toujours dans la sincérité, envers soi-même et les autres. Là où réside surtout le challenge, c’est de porter pour la première fois un projet concrètement, dans tout ce que cela implique (financement, communication, administration).

J : Oui, on apprend vraiment sur tout, et à devenir totalement multicasquette.

Que souhaitez-vous apporter aux spectateurs ? 

J : On souhaiterait que les gens s’interrogent sur leur relation aux autres, car c’est la grande question du spectacle.

D : Le spectacle s’inscrit dans l’époque actuelle, où tout le monde est poussé à l’individualisme. On doit être capable de réussir seul, sans dépendre des autres. Le projet interroge plus largement notre rapport à la société, aux contraintes et obligations qu’elle induit, mais également l’amour. Car finalement, c’est quoi aimer ? Tomber amoureux d’une altérité, ou chercher à combler un plaisir narcissique ?

J : Bon, assez discuté, détachez-nous maintenant.

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