Chères spectatrices, chers spectateurs, 

Tout d’un coup, sans prévenir, les lumières se sont éteintes, la scène s’est débarrassée, le rideau s’est baissé, les coulisses se sont vidées, les artistes ont déserté leurs costumes, les guichets se sont fermés, et on n’a plus joué, à «guichets fermés», un comble! Et depuis ce jour, le spectacle se donne, sauf dans le théâtre!

Et entre nous, vous assistez à une drôle de comédie, ou alors c’est un drame voire une tragédie... Pas un bravo, pas un bis, pas même un murmure échappé du trou du souffleur, juste le silence qui traverse le théâtre de nos vies, un silence respectueux pour ceux qui jouent les premiers rôles dans cette mauvaise pièce, parce que franchement, pas besoin d’attendre l’avis des critiques, c’est une mauvaise pièce dans laquelle nous jouons ou plutôt nous figurons bien malgré nous.

Franchement, l’intrigue est nulle, aucun suspens, il n’y a aucune action dramatique, les protagonistes restent immobiles et se regardent en chiens de faïence. On attend désespérément un rebondissement ou un échange de répliques bien aiguisées, mais les personnages sont à 1m50 les uns des autres et comme ils portent un masque sur la bouche, on ne comprend pas un traître mot des dialogues, des dialogues sûrement pourris vu que le sujet de la pièce est oiseux.

La mise en scène est pauvre, les actions sont répétitives, les personnages confinés répètent inlassablement les mêmes actions, de temps à autre une sorte de «Deus ex machina» prend la parole, mais on ne comprend rien à son discours fleuve, parfois elle dit des mots comme «Kayak» ou «Golf» alors on rit un peu…en serrant les dents… On se dit que «Kayak», ça veut dire en langue inuite «Allez vous faire voir les artistes»…

Et puis, cette pièce est longue, mais longue… trop, trop longue, on n’en voit pas la fin… on se demande pourquoi les auteurs n’ont pas coupé un ou deux actes… On se surprend à bailler et l’on se dit que cette tragi-comédie ne finira jamais!

Pourtant il y a une fin et heureusement que cette pièce va finir un jour!

Pour les Riches-Claires, le théâtre ce n’est pas ça, mais pas ça du tout, du tout, du tout, alors on vous a concocté une nouvelle saison vivifiante, tonique, un élixir de jouvence… avec de vrais spectacles qui font rêver!

Nos artistes, outre le besoin de survivre et de faire valoir leurs droits, ont la furieuse ambition et l’inextinguible désir de s’émouvoir et de vous émouvoir, de rire et de vous faire rire, de pleurer aussi sûrement mais ensemble pour nous rappeler que le spectacle vivant nous rend plus humains, plus unis, plus vivants encore!

Alors le 1er septembre, nous rallumerons les lumières, la musique retentira à nouveau, le rideau se relèvera, et des coulisses et de tous les coins des Riches-Claires, le théâtre rejaillira.
Et comme le printemps joyeux qui guette l’été tardif, déjà nous vous attendons!

Pour toute l’équipe des Riches-Claires, Eric De Staercke.


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